lundi 22 décembre 2025

 Pétards, peur et vigilance sécuritaire : sur le terrain, la Police face au risque de psychose collective.

( Il faut réprimer le plus tôt possible).

Il est un peu plus de 21 heures quand, dans un quartier populaire de Pobè, près d'un marché de nuit , le silence de la nuit est brutalement déchiré.Gboooogbooo Gbaaaagbaaa…. Gboooogbooo… Gbaaaagbaaa..... Sur le moment, je m’arrête net. Autour de moi, les passants aussi. Certains se figent, d’autres accélèrent le pas. Une femme sursaute, un enfant se met à pleurer derrière sa mère. 

Pendant quelques secondes, personne ne sait exactement ce qui se passe. Coup de feu ? Explosion ? Alerte sécuritaire ?

Nous sommes pourtant en période où les  fêtes pointent à l'horizon.

 Mais dans un pays qui sort à peine d’un coup d’État manqué, ces bruits ne sont plus anodins. Ils réveillent des souvenirs récents, ravivent les peurs et installent une tension palpable dans les esprits.

Sur le terrain, le constat est clair : les pétards ne font plus rire. Ils inquiètent.

C’est précisément pour prévenir cette dérive que la Police républicaine, à travers la Brigade de Protection du Littoral et de la Plage (BPLP), a intensifié ses opérations. J’ai pu constater de visu l’une de ces interventions ayant conduit à la saisie d’une importante quantité de pétards et à l’interpellation d’un individu impliqué dans leur détention et leur mise en vente.

Pour les forces de sécurité, le danger est réel. Car aujourd’hui, dans l’esprit de nombreux citoyens, un simple pétard peut être confondu avec un coup de canon ou une rafale de kalachnikov. Une confusion lourde de conséquences, capable de provoquer des mouvements de foule, des réactions incontrôlées, voire des drames évitables.

La Police rappelle d’ailleurs que l’importation, la commercialisation et l’usage des pétards sont formellement interdits par l’arrêté interministériel n°0053/MSPC/MINARM/MEF ainsi que par le Décret n°2022-301. Des textes pris bien avant aujourd’hui, mais dont la pertinence apparaît encore plus évidente dans le contexte sécuritaire actuel.

Au-delà de la nuisance sonore, les pétards constituent désormais un facteur de déstabilisation psychologique. Chaque détonation entretient l’angoisse, alimente les rumeurs et fragilise la quiétude des populations.

Face à cette réalité, une évidence s’impose : la répression ne doit pas se limiter aux départements de l’Atlantique et du Littoral. Elle doit s’étendre sans délai à tous les autres départements du Bénin. La menace de la psychose est nationale, tout comme la nécessité de la prévenir.

Sur le terrain, la fermeté de la Police républicaine apparaît donc non comme une entrave à la fête, mais comme un acte de responsabilité et de prévention. Fêter oui, mais dans le calme. Célébrer, sans semer la peur.

Aux citoyens aussi d’y contribuer. La vraie joie des fêtes ne se mesure ni au bruit ni aux explosions, mais à la paix partagée et à la sérénité collective.

Car au final, les gboooogbooo et les gbaaagbaaa n’apportent rien d’autre que confusion, inquiétude et tension inutile.

Ernest F. LATOUNDJII

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