Alagbé Border : le couronnement du roi Gbadéwolou Oshoukpa Amouroro I, Anwa ouvre une nouvelle page de l’histoire de la cité frontalière
Une page majeure de l’histoire d’Alagbé Border vient de s’écrire avec le couronnement de Ogourindé Iroko Joseph, désormais intronisé sous le nom de Obà Gbadewolou Oshoukpa Amouroro I, Anwa of Alagbe Town. La cérémonie, marquée par la remise officielle de la lettre de mission et de charge au nouveau souverain, consacre l’aboutissement d’un long processus de reconnaissance de la chefferie traditionnelle de cette ancienne cité située à la frontière entre le Bénin et le Nigéria.
Fondée vers 1835 par des descendants de Oshoukpa, de Inan-Idja et de Ogoudou venus d’Illikimoun Alagbé Border est situé entre Ilara et Illikimoun. De par sa position géographique, la localité occupe une place stratégique dans les relations et les échanges entre les deux pays. Depuis les années 1990, elle abrite notamment, du côté nigérian, des services d’immigration et de douane, confirmant son importance dans les mouvements transfrontaliers.
À l’image des postes frontaliers juxtaposés de Idiroko–Igolo, à Ifangni, ou encore de Sèmè-Kraké, Alagbé aurait pu disposer d’infrastructures similaires du côté béninois. Mais les rivalités ayant opposé, au fil des années, certaines communautés et localités voisines n’ont pas permis à cette perspective de se concrétiser.
Un long combat pour la reconnaissance de la royauté
Cette situation a également pesé sur la reconnaissance officielle de la chefferie traditionnelle d’Alagbé, portée par les grandes familles royales de Oshoukpa, de Ogoudou et de Ina-Idja. Plusieurs Baale, chefs traditionnels de la localité, ont ainsi exercé leur autorité sans pouvoir bénéficier d’un couronnement officiel, malgré les démarches répétées engagées par les fils et filles de Alagbé.
Le couronnement de Obà Gbadewolou Oshoukpa Amouroro I vient donc mettre un terme à une longue période d’attente et de mobilisation communautaire. Recevant sa lettre de mission et de charge des mains du représentant
chargé des Affaires culturelles et de la Royauté
du gouverneur de la province de Ogun State au Nigeria, le nouveau souverain a d’abord rendu grâce à Dieu et aux ancêtres, avant d’exprimer sa reconnaissance aux autorités nigérianes ayant accompagné le processus.
Il a notamment salué le Gouverneur de Ogun State ainsi que le Paramount Ruler of Ilaro pour leur soutien et leur disponibilité. Le nouveau roi a également adressé ses remerciements aux rois de Imeko, de Ilara et de Idofa, ainsi qu’à ceux de Illikimoun, de Idigny et de Kétou, dont la facilitation et l’accompagnement ont, selon lui, contribué de manière déterminante à l’aboutissement du processus.
La paix et la coopération au cœur du règne
Dans son premier message en qualité de souverain officiellement couronné, Obà Gbadéwolou Oshoukpa Amouroro I a placé son règne sous le signe de la paix, de l’unité, du développement et de la fraternité. Il a affiché sa volonté de travailler à la consolidation des relations entre les différentes communautés et à la promotion d’un bon voisinage entre les populations béninoises et nigérianes.
Le nouveau roi a également eu une pensée émue pour les fils d’Alagbé décédés au cours des longues démarches ayant précédé ce couronnement. Il a salué leur engagement et leur sacrifice, estimant que leur mémoire restera intimement liée à cette étape importante de l’histoire de la communauté.
Au terme de son intervention, le souverain a rendu hommage aux fils et filles d’Alagbé dont la détermination et la persévérance ont permis de franchir cette étape. Il n’a pas manqué d’exprimer sa gratitude aux donateurs et différents partenaires ayant apporté leur contribution à la réalisation de l’événement.
Au-delà de sa portée traditionnelle, le couronnement de Obà Gbadewolou Oshoukpa Amouroro I, Anwa of Alagbe Town, apparaît ainsi comme un moment fort pour cette cité frontalière. Il ouvre une nouvelle séquence de son histoire, avec l’ambition affichée de faire de la royauté un instrument de cohésion, de développement local et de renforcement de la coopération transfrontalière entre le Bénin et le Nigéria
La rédaction



























