Le procès de la tiktokeuse Florence Kingbo, poursuivie devant la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (Criet), s’est ouvert ce mardi 3 février 2026 dans un climat particulièrement tendu. Âgée de 21 ans, la jeune femme est poursuivie par le parquet spécial pour quatre chefs d’accusation, à savoir : harcèlement par le biais d’un système électronique, atteinte à la vie privée, incitation à la haine et à la violence, ainsi qu’incitation à la rébellion.
Connue du grand public à la suite d’une vidéo devenue virale sur les réseaux sociaux, Florence Kingbo a comparu à la barre dans une attitude jugée provocatrice. Mâchant ostensiblement un chewing-gum devant la Cour, elle a suscité l’interpellation du ministère public. Questionnée par la cinquième substitut du procureur spécial sur ce comportement, la prévenue a répondu sur un ton insolent : « Depuis quand est-il interdit de manger ? », selon les propos rapportés par l’envoyé spécial de Libre Express.
Cette posture désinvolte s’est poursuivie lors de la phase d’inculpation. Invitée à préciser la langue dans laquelle elle s’exprimait, la tiktokeuse a livré une réponse jugée provocatrice, déclenchant la colère de la présidente de céans. Cette dernière a alors sommé son conseil, maître Aboubacar Baparapé, de rappeler sa cliente à l’ordre. Interrogée sur les faits mis à sa charge, Florence Kingbo a reconnu sans détour les accusations portées contre elle, adoptant un ton défiant. « Oui, je reconnais les faits. Depuis l’arrivée de Patrice Talon au pouvoir, ceux qui insultent Boni Yayi ne sont pas inquiétés, mais ceux qui s’en prennent à Talon le sont », a-t-elle déclaré à la barre.
Sur le fond du dossier, son avocat a plaidé l’irresponsabilité pénale de sa cliente, soutenant que celle-ci souffrirait de troubles mentaux. Une thèse aussitôt rejetée par la prévenue elle-même, qui a nié toute forme de folie, affirmant que « les personnes folles se promènent nues », ce qui, selon elle, ne serait pas son cas.
À l’issue des débats, le ministère public a sollicité un renvoi afin de préparer ses réquisitions. La défense, quant à elle, a demandé la mise en liberté provisoire de la prévenue, invoquant la nécessité de « la protéger d’elle-même » en milieu carcéral. Une requête à laquelle le parquet spécial s’est opposé. La Cour a finalement renvoyé l’affaire au mardi 24 mars 2026, date à laquelle le ministère public présentera ses réquisitions, et statuera également sur la demande de remise en liberté provisoire. L’annonce de ce renvoi a provoqué une nouvelle sortie verbale de Florence Kingbo. Devant la Cour, elle a affirmé que le dossier pouvait être renvoyé « même en 2030 », se disant « très à l’aise en prison », où elle mangerait « sept fois par jour ». Face à ces propos jugés outrageants, la présidente de céans a ordonné son évacuation immédiate de la salle d’audience.
Pour rappel, Florence Kingbo avait été placée sous mandat de dépôt le 18 décembre 2025, à la suite de la diffusion d’une vidéo dans laquelle elle s’en prenait violemment au président de la République, Patrice Talon qu'elle qualifiait de « tyran » tout en visant également la Première Dame, Claudine Talon, ainsi que leur fils.
La rédaction