mardi 15 juillet 2025
Saisie d’appareils électroniques. L’APB du Bénin organise une vente aux enchères dès le 18 Juillet
L’Agence Pénitentiaire du Bénin (APB) organise une vente aux enchères publiques d’appareils de communication en souffrance à partir du vendredi 18 juillet 2025 à 10 heures. La vente aura lieu devant les bureaux du 10ème arrondissement de Cotonou. Maître Florent Azadji, commissaire-priseur près le Tribunal de première instance de première classe de Porto-Novo et la Cour d’appel de Cotonou, a annoncé cette vente dans un avis détaillé. Les objets mis aux enchères comprennent des téléphones portables, des ordinateurs et des accessoires électroniques qui ont été saisis et sont restés en possession de l’APB. Cette initiative est menée à la demande de Raynier Florent Gnansomon, directeur général de l’Agence Nationale de Recouvrement des Avoirs Confisqués et Saisis (ANRACS)
Affaire Comlan Hugues Sossoukpè Les dessous d’une arrestation controversée et les accusations portées par la justice béninoise.
Le journaliste béninois et web-activiste Comlan Hugues Sossoukpè, connu pour ses prises de position critiques à travers son média Olofofo, est désormais au cœur d’une affaire judiciaire à fort retentissement politique. Extradé de Côte d’Ivoire vers le Bénin, il a été présenté ce lundi 14 juillet 2025 au juge des libertés et de la détention de la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET), où il a été placé sous mandat de dépôt. Une décision qui soulève des interrogations sur les motivations réelles de cette interpellation.
Des accusations lourdes à portée politique.
Selon Me Aboubacar Baparapé, membre de son collectif de défense, quatre chefs d’accusation ont été retenus contre Sossoukpè : incitation à la rébellion, incitation à la haine et à la violence, harcèlement par le biais d’une communication électronique, et apologie du terrorisme. Des accusations graves qui s’inscrivent dans un contexte de plus en plus tendu entre les autorités béninoises et certaines voix dissidentes actives sur les réseaux sociaux. L’intéressé, qui n’a pas reconnu les faits lors de son audition, a vu son dossier retourné en instruction pour complément d’enquête. En attendant une éventuelle audience, il est placé en détention provisoire. Aucun calendrier judiciaire n’a encore été communiqué.
Un parcours d’exil et de tension
Pour comprendre cette affaire, il faut remonter à 2021. Fuyant des menaces et des pressions politiques, Sossoukpè s’était réfugié au Togo, d’où il continuait à alimenter son site d’information et ses réseaux sociaux. Le site Olofofo, aujourd’hui suspendu par les autorités béninoises, s’était fait remarquer par son ton satirique et ses révélations parfois dérangeantes sur les pratiques du pouvoir.
C’est à l’occasion d’un événement officiel en Côte d’Ivoire que le journaliste a refait surface publiquement. Invité par le ministère ivoirien de la Transition numérique et de la Digitalisation pour couvrir un salon régional sur l’innovation digitale, il séjourne à Abidjan lorsqu’il est interpellé le 10 juillet au soir.
Une extradition aux allures de coup de filet extrajudiciaire.
Les circonstances de son arrestation ont rapidement déclenché une vague d’indignation. Selon Reporters sans frontières (RSF), qui s’est saisie du dossier, quatre individus en civil, se présentant comme membres de la gendarmerie ivoirienne, auraient fait irruption dans sa chambre d’hôtel avant de l’embarquer manu militari vers le salon d’honneur de l’aéroport Félix Houphouët-Boigny. Il y aurait été immédiatement mis à bord d’un avion à destination du Bénin, sans procédure judiciaire visible ni assistance consulaire.
RSF qualifie cette opération d’« arrestation inouïe », évoquant un possible rapatriement forcé en dehors de tout cadre légal, assimilable à une forme de kidnapping transfrontalier. L’organisation demande des clarifications officielles des autorités ivoiriennes et béninoises, tout en réclamant la libération immédiate du journaliste.
Une affaire révélatrice des tensions entre liberté d’expression et contrôle sécuritaire
Si l’on en croit les faits exposés par la défense, l’interpellation de Sossoukpè est loin de relever d’une procédure judiciaire classique. L’absence de mandat d’arrêt international ou d’annonce préalable renforce les soupçons d’une opération conduite sous pression politique. Dans un contexte où plusieurs journalistes, opposants ou activistes béninois ont été poursuivis pour des faits liés à la cybercriminalité ou à la « menace à la sécurité nationale », l’affaire Sossoukpè cristallise les dérives possibles de la lutte contre le terrorisme. Derrière les accusations pénales, c’est toute la question de la liberté de la presse, du journalisme indépendant et des droits numériques qui est posée. Sossoukpè, à travers sa ligne éditoriale acerbe, était devenu l’une des figures de proue de la critique en ligne, ce qui n’est manifestement pas sans conséquence dans un climat de restriction progressive des espaces d’expression au Bénin.
Un procès sous haute surveillance à venir.
L’opinion nationale et internationale suivra de près la suite judiciaire de cette affaire. Au-delà de la culpabilité ou de l’innocence de l’accusé, c’est le respect des garanties procédurales, des droits fondamentaux et de la transparence qui sera au cœur de l’attention.
Pour l’heure, la justice béninoise assure instruire le dossier « en toute indépendance », tandis que la défense plaide pour un traitement conforme aux standards internationaux. La balle est désormais dans le camp des magistrats de la CRIET, dont l’impartialité sera mise à l’épreuve dans une affaire qui dépasse de loin les seuls enjeux judiciaires.
Par Jean-Paul O. ODJO
Actualité Liste électorale informatisée provisoire L’ANIP remet officiellement le document à la CENA (La CENA salue le respect du délai légal des 180 jours avant les élections)
À moins d’un an des élections générales de 2026, les institutions impliquées dans le processus électoral accélèrent les préparatifs. Ce lundi 14 juillet 2025, l’Agence Nationale d’Identification des Personnes (ANIP) a procédé à la remise officielle de la liste électorale informatisée provisoire à la Commission Électorale Nationale Autonome (CENA), conformément aux dispositions de l’article 17 du Code électoral.
Cette transmission marque une étape clé du calendrier électoral, respectant scrupuleusement le délai légal de 180 jours avant le scrutin, tel que l’exige la législation en vigueur. La cérémonie s’est tenue au siège de la CENA à Cotonou, en présence de son président Sacca Lafia, du directeur général de l’ANIP, Aristide Adjinacou Gnahoui, du directeur général des élections, Boucari Abou Soulé Adam, ainsi que de plusieurs membres de la CENA et cadres de l’ANIP. Le document transmis contient les données électorales actualisées, tant au niveau national que local.
Dans son allocution, Sacca Lafia a salué le professionnalisme de l’ANIP et s’est réjoui du respect des délais légaux : « La loi impose la remise des statistiques électorales au moins 180 jours avant les élections. Cette exigence vient d’être pleinement satisfaite », a-t-il déclaré. Pour sa part, le directeur général de l’ANIP a rappelé que la liste reste provisoire, soulignant son caractère évolutif :« Les citoyens conservent la possibilité de demander des transferts ou modifications dans les délais impartis et selon les procédures établies », a précisé Aristide Adjinacou Gnahoui. Il a également annoncé de futures phases d’enrôlement, permettant à d’autres citoyens, jusque-là non enregistrés, d’intégrer la base de données électorale : « Le processus reste ouvert et inclusif. De nouvelles sessions d’enrôlement seront bientôt organisées », a-t-il affirmé. Ce rappel met en lumière les mécanismes de révision et de correction prévus pour garantir l’exhaustivité et l’exactitude du fichier électoral, notamment en faveur des citoyens ayant changé de résidence ou n’ayant pas encore été enregistrés.
En clôture de la cérémonie, les deux institutions ont réaffirmé leur engagement à œuvrer de concert pour des élections transparentes, crédibles et paisibles, dans le strict respect des textes législatifs et réglementaires en vigueur.
Jean-Paul O. ODJO
Faye-Talon : Une conférence de presse conjointe placée sous le signe de la coopération et de l’unité régionale
À l’issue de leur tête-à-tête tenu au Palais de la Marina ce mardi 15 juillet 2025, les présidents Bassirou Diomaye Faye du Sénégal et Patrice Talon du Bénin ont animé une conférence de presse conjointe, marquant un temps fort de la visite officielle du chef de l’État sénégalais au Bénin.
Devant la presse nationale et internationale, les deux chefs d’État ont affiché une convergence de vues sur les grands enjeux qui touchent leurs pays, mais également la sous-région ouest-africaine. Au cœur de leurs déclarations : la coopération bilatérale, l’intégration régionale, les défis sécuritaires, la libre circulation des personnes et des biens, ainsi que le rôle des États dans la consolidation de la démocratie en Afrique.
Renforcer les liens bilatéraux
Le président béninois Patrice Talon a salué la venue de son homologue sénégalais, soulignant qu’elle traduit une volonté commune de redynamiser les relations entre Cotonou et Dakar. Il a mis en avant la nécessité d’approfondir la coopération économique, notamment dans les domaines des échanges commerciaux, de la formation professionnelle, de la culture et des infrastructures. De son côté, le président Bassirou Diomaye Faye s’est dit honoré par l’accueil chaleureux qui lui a été réservé. Il a insisté sur l’importance de « bâtir une Afrique plus intégrée, plus solidaire et tournée vers l’avenir », et a réaffirmé son attachement aux principes de bonne gouvernance, de justice sociale et de souveraineté des peuples.
Une vision partagée de la sous-région.
Sur les questions régionales, les deux dirigeants ont exprimé leur préoccupation face à l’instabilité politique qui touche certains pays d’Afrique de l’Ouest. Ils ont appelé à un renforcement du dialogue entre États membres de la CEDEAO et à la recherche de solutions concertées pour faire face aux défis sécuritaires, notamment la lutte contre le terrorisme, les coups d’État et les crises humanitaires. Ils ont également évoqué la nécessité de réformer certaines institutions régionales pour les rendre plus efficaces et plus proches des aspirations des peuples.
Un appel à l’unité africaine.
Ce point de presse, empreint de courtoisie diplomatique mais aussi de franchise, a permis de montrer une rare complicité entre deux chefs d’État que tout semble désormais rapprocher : la jeunesse de leur leadership, leur volonté de moderniser l’action publique, et leur foi en une Afrique souveraine et unie.
En clôture, le président Faye a exprimé son souhait de voir cette visite aboutir à des projets concrets au bénéfice des deux peuples. Le président Talon, quant à lui, a assuré que « les portes du Bénin restent grandes ouvertes à toute coopération sincère, respectueuse et ambitieuse. » Ce point de presse Faye-Talon, au-delà des mots, marque un pas de plus vers une diplomatie africaine fondée sur la responsabilité, la solidarité et l’action. Un signal fort dans un monde où l’Afrique cherche de plus en plus à parler d’une seule voix.
Marcellin HOUNSA.
Insécurité à Dogbo : Un braqueur notoire abattu lors d'une opération policière
Un présumé braqueur, activement recherché par les forces de l’ordre, a été mortellement atteint dans la soirée du lundi 14 juillet 2025 à Tota, un arrondissement de la commune de Dogbo.
Selon des informations recueillies auprès d’une source sécuritaire, l’individu, retranché dans un ghetto, a été localisé aux environs de 21 heures. À la vue des agents venus procéder à son interpellation, il aurait ouvert le feu. La riposte immédiate des policiers a mis fin à son parcours criminel.
Le mis en cause faisait l’objet d’un mandat d’arrêt émis par le tribunal de Lokossa, en lien avec plusieurs opérations de braquage recensées dans la région.Son corps a été transféré à la morgue de Dogbo. Un rapport circonstancié a été transmis au procureur de la République près le tribunal de Lokossa, qui suit le dossier de près.
Cette opération marque un nouveau coup de filet dans la lutte contre la criminalité dans le département du Couffo.
M.H.
LPF 2025 / Demi-finale en ligne de mire . AO Burmah face à l’Usa Foot ce mercredi 16 juillet.
Le stade omnisports de Pobè s’apprête à accueillir un choc prometteur ce mercredi 16 juillet 2025. Dans le cadre des quarts de finale de la Ligue Professionnelle Féminine (LPF), l’AO Burmah croisera le fer avec l’Usa Foot dans un derby aux allures de sommet.
Forte d'une éclatante victoire 4-0 lors de son entrée en lice, l’équipe de Burmah FC aborde cette confrontation avec une confiance retrouvée. Mais en face, les académiciennes de l’Usa Foot, galvanisées par l’engagement et l’expertise de leur président Ulrich Alohoutadé, comptent bien jouer leur va-tout pour décrocher leur ticket pour le dernier carré.
La tâche s’annonce néanmoins ardue : l’AO Burmah pourra s’appuyer sur l’efficacité redoutable de l’internationale Romaine Gandonou, auteure d’un quadruplé lors du match précédent. Sa forme étincelante représente un véritable atout offensif qu’il faudra neutraliser pour espérer l’emporter.
Spectacle, intensité et émotions seront au rendez-vous pour cette affiche qui s’annonce déjà comme l’un des moments forts de cette édition 2025.
Ernest LATOUNDJI
lundi 14 juillet 2025
Chronique : Sextape au Bénin : miroir d’une société sans boussole. Par Marcellin HOUNSA
Aujourd’hui, plus personne ne s’étonne de l’apparition d’une sextape. Mais quand ce contenu traverse les écrans, éclabousse des figures publiques et déclenche une frénésie nationale, il est temps de dépasser le buzz pour interroger le fond. Pourquoi ces vidéos choquent-elles autant, alors même qu’elles fascinent ? Et surtout, à qui la faute ?
L’hypocrisie collective : entre morale affichée et voyeurisme assumé
La société béninoise, comme tant d’autres, vit un paradoxe étrange. Elle clame haut les "valeurs africaines", la pudeur, la morale, mais partage en silence, et parfois avec jubilation, les vidéos les plus intimes. Dans les salons, les taxis, les écoles, les marchés… les images circulent plus vite que la raison.Et si la question n’était pas simplement qui est dans la vidéo, mais pourquoi cette vidéo circule ? Le scandale est moins dans l’acte que dans notre réaction collective.
Oui, il y a une responsabilité individuelle
S’exposer volontairement dans une vidéo intime est une prise de risque. C’est un choix souvent privé, fait en confiance — ou dans l’insouciance. Mais ce qui se fait entre deux adultes consentants devrait rester dans la sphère privée.Lorsque cette intimité devient publique, c’est rarement par accident : trahison, vengeance, imprudence. Il faut le dire clairement : filmer n’est pas un crime, diffuser sans consentement l’est.
Une société qui inverse les rôles : coupable ou victime ?
Au lieu de protéger la victime, la société l’expose. Elle la juge, la moque, l’humilie. « Pourquoi s’est-elle filmée ? »Plutôt que « Qui a trahi sa confiance ? » On confond celui qui subit et celui qui agresse. Et c’est cela, la vraie faillite morale.Un scandale ne devrait jamais être un prétexte pour piétiner la dignité d’une personne, mais pour questionner notre propre cruauté silencieuse.
Les réseaux sociaux : juges, bourreaux, spectateurs
Facebook, WhatsApp, TikTok... Ces plateformes sont devenues des arènes de lynchage. On y partage, on commente, on condamne — souvent sans filtre, jamais sans dégâts. Le droit à l’image, la dignité humaine ? Balayés d’un simple clic.L’absence d’éducation numérique est criante, et dans ce chaos numérique, chacun devient complice : volontaire ou passif.
Et l’État dans tout ça ?
Il y a bien un Code du numérique au Bénin. Il criminalise la diffusion d’images intimes sans consentement. Mais qui le connaît ? Qui le fait appliquer ? L’éducation à la citoyenneté numérique est absente des programmes scolaires. Les campagnes de sensibilisation sont timides, voire inexistantes. Les autorités, elles aussi, semblent dépassées.
La faute est-elle vraiment à une seule personne ?
Non. Elle est à celui qui filme sans précaution. À celui qui diffuse sans scrupule.
À la société qui juge au lieu de comprendre.Aux institutions qui n’informent pas, n’alertent pas, ne protègent pas.Mais plus encore, la faute est à cette conscience collective qui se dérobe.Car un scandale de sextape, ce n’est pas juste un fait divers croustillant. C’est le révélateur brutal d’une société malade de son manque d’éthique et de compassion.
Appel à la conscience
Il est temps de sortir du cercle vicieux : rire, partager, juger, oublier.
Il est temps de réfléchir, d’éduquer, de prévenir. Car le prochain scandale peut frapper n’importe qui. Et c’est ce jour-là, peut-être, que nous comprendrons l’urgence d’agir.
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