Le Bénin s’apprête à vivre une étape inédite de son histoire politique avec l’organisation, en 2026, de deux scrutins majeurs : les élections législatives et communales prévues pour le 11 janvier, suivies de l’élection présidentielle en avril. Ces rendez-vous électoraux suscitent de vives passions, tant pour leur portée que pour leurs enjeux.
Après près de dix ans d’un pouvoir sans partage, le régime de la Rupture et du Nouveau Départ se retrouve à un tournant décisif imposé par la Constitution. Comme en 2016 avec Boni Yayi, l’actuel chef de l’État, Patrice Talon, devra céder le fauteuil présidentiel à l’issue du scrutin d’avril. La grande interrogation demeure : qui pour lui succéder ?
Dans le passé, la question du dauphinat semblait plus lisible. Mais aujourd’hui, sous l’effet des réformes institutionnelles et de la nouvelle charte des partis politiques, le paysage politique national apparaît comme un champ encore incertain. Aucun acteur n’a, pour l’instant, affiché clairement ses ambitions pour la magistrature suprême. Cette situation illustre un changement profond : l’ère du pouvoir centré sur l’individu semble toucher à sa fin, au profit d’une dynamique qui renforce le rôle des partis politiques.
Cette mutation traduit la volonté de faire de la politique un véritable levier de développement. Mais une question s’impose : cette nouvelle orientation constitue-t-elle la panacée ?
Une démocratie ne se mesure pas uniquement à ses réformes institutionnelles, mais surtout à sa capacité à impulser le développement et à améliorer le bien-être des citoyens. Le multipartisme, essentiel à l’animation démocratique, peut devenir une faiblesse si les idéologies se dispersent et si les ambitions se fragmentent. Pour garantir la vitalité démocratique, il est donc indispensable que les acteurs politiques convergent vers l’intérêt supérieur de la Nation.
Le régime sortant a, malgré les critiques, imposé une discipline nouvelle et entrepris des réformes jugées structurantes. Pour que ces acquis ne se dissipent pas, la classe politique doit s’inscrire dans une logique de continuité et transformer les sacrifices consentis par les populations en résultats tangibles. Autrement, le risque est grand de voir les efforts consentis depuis 2016 réduits à néant.
Les élections générales de 2026 constituent donc un test de maturité démocratique et de transition politique pour le Bénin. Elles appellent au discernement et à la responsabilité de la classe politique pour préserver la paix et la cohésion sociale. Le peuple, pour sa part, devra placer la Nation au-dessus des passions partisanes et des ressentiments. Comme l’a rappelé le président Patrice Talon, « gouverner un pays relève du mérite et non d’un droit ».
En définitive, le véritable enjeu de 2026 ne réside pas uniquement dans le choix d’un successeur à Patrice Talon, mais dans la capacité du Bénin à consolider ses acquis démocratiques et à se projeter vers une nouvelle décennie de stabilité et de progrès.
Jérôme Tagnon
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