mardi 13 janvier 2026

Communales du 11 janvier 2026 à Adja-Ouèrè Quand l’expérience politique reprend la main sur la jeunesse au pouvoir, le Coq a chanté

 


À Adja-Ouèrè, le scrutin communal du 11 janvier 2026 marque un tournant politique majeur. Le Bloc Républicain (BR) s’impose largement, devançant l’Union Progressiste le Renouveau (UP-R) et la FCBE, pourtant solidement implantées dans cette commune longtemps considérée comme un bastion du parti au baobab auréolé de l’arc-en-ciel. Le « coq » a chanté, signalant un changement d’équipe dirigeante et une redistribution des cartes politiques locales. La victoire de la candidate du BR, Albertine Assikidana, épouse de l’honorable Séfou Fagbohoun et ceux des candidats aux Communales en lice pour le parti BR dans cette commune , face à des figures établies comme le député Razacki Abiossè et le maire sortant Cyrille Adégbola, interpelle. Elle pose une question centrale : qu’est-ce qui n’a réellement pas fonctionné pour l’UP-R à Adja-Ouèrè ?


UP-R : une jeunesse politique en manque de cohésion stratégique


De l’analyse du terrain, il ressort que l’UP-R à Adja-Ouèrè souffre moins d’un déficit de cadres que d’un problème de structuration et de coordination politique. Le parti aligne pourtant de jeunes députés, un maire, des directeurs et chargés de mission à la préfecture de Pobè. Sur le papier, l’armature est solide ; dans la pratique, les chemins semblent s’être séparés.


Chacun, selon les informations recueillies, évoluerait davantage à l’ombre de son mentor que dans une dynamique collective. Le terrain politique, pilier de toute victoire électorale, aurait été progressivement délaissé, créant un vide que l’adversaire a su exploiter. Ce paradoxe est d’autant plus frappant que ces acteurs sont décrits comme jeunes, dynamiques et politiquement aguerris.



Le retour en force du patriarche et la leçon de l’expérience


Face à cette dispersion, le Bloc Républicain a opposé une stratégie inverse : l’enracinement, la discipline et l’expérience. Malgré l’âge, le patriarche politique Séfou Fagbohoun est resté présent sur le terrain, cadrant les actions et consolidant l’assise du parti. L’adage africain prend ici tout son sens : « Un vieux assis voit plus loin qu’un jeune debout. » La candidature de Albertine Assikidana, soutenue par la bénédiction politique et stratégique de son époux, s’inscrit dans cette logique de continuité et de maîtrise du terrain. Plus qu’une victoire individuelle, il s’agit d’un triomphe de l’expérience politique sur une jeunesse institutionnelle parfois déconnectée de la base. 


Une défaite, mais surtout une leçon pour l’UP-R


Pour l’UP-R, l’heure n’est ni aux lamentations ni aux accusations croisées. L’échec, aussi amer soit-il, se révèle formateur. Il rappelle une vérité politique essentielle : sans unité réelle, la force institutionnelle perd de son efficacité électorale.

Le principe fondateur selon lequel l’union fait la Nation doit désormais s’ancrer dans les pratiques quotidiennes du parti. La reconquête ne pourra se faire qu’au prix d’un resserrement des rangs, d’un retour au terrain et d’une meilleure synergie entre jeunes cadres et figures d’expérience. L’horizon 2033 apparaît déjà comme un cap stratégique, à condition de tirer pleinement les enseignements du revers actuel.



BR à Adja-Ouèrè : une revanche politique méthodiquement construite


Le succès actuel du Bloc Républicain s’inscrit aussi dans une dynamique de revanche politique. En 2020, le BR détenait déjà la majorité des conseillers communaux, ce qui avait conduit à l’élection de Mme Fagbohoun Karamatou à la tête de la commune. Son éviction ultérieure, consécutive à un incident ayant entraîné sa disqualification, avait ouvert la voie à une bataille juridique remportée par l’UP-R et à l’accession de Cyrille Adégbola au poste de maire.

L’épisode n’a manifestement pas été oublié. Le BR a su capitaliser sur cette expérience, restructurer son dispositif et reprendre la main, démontrant que la politique locale est avant tout une affaire de mémoire, de patience et de constance.


À Adja-Ouèrè, le scrutin communal de 2026 enseigne une leçon claire : la jeunesse politique sans cohésion ne suffit pas, et l’expérience sans terrain est vaine. Le Bloc Républicain a su conjuguer les deux, tandis que l’UP-R est appelée à une introspection stratégique profonde. Dans cette commune, le cheval blanc cabré galope désormais, mais l’histoire politique reste ouverte à ceux qui sauront apprendre de leurs défaites.


Ernest LATOUNDJI

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