vendredi 9 janvier 2026

Traditions et spiritualité Repenser l’identité africaine : le Bénin de Patrice Talon imprime des marques indélébiles.

 





Longtemps présentés comme des peuples sans histoire ni culture, les Africains continuent, parfois malgré eux, d’entretenir cette vision dépréciative héritée de la domination coloniale. Une perception forgée pour servir des desseins impérialistes, mais qui, bien après la fin officielle de la colonisation, demeure ancrée dans les consciences. L’Afrique peine encore à se libérer de cette emprise culturelle et spirituelle, au point que nombre de ses fils et filles caricaturent leurs propres traditions, les qualifiant de diaboliques, sataniques ou rétrogrades.

Cette aliénation culturelle, profondément enracinée, profite paradoxalement à l’ancien colon. Celui-là même qui a introduit sur le continent des croyances étrangères aux valeurs ancestrales africaines revient aujourd’hui fouler le sol africain, animé par une quête fervente de spiritualité, de sens et d’authenticité. Ce qu’il dénonçait autrefois comme barbare devient désormais objet de fascination, de recherche et même de rentabilité économique. Les traditions africaines, longtemps vilipendées, révèlent ainsi une profondeur spirituelle inégalée et une richesse culturelle jamais concurrencée.

À l’instar d’autres nations africaines lucides face à cette aberration historique, le Bénin a engagé un tournant décisif : celui du retour aux sources. Depuis 2016, sous l’impulsion d’une volonté politique affirmée, le pays s’emploie à réconcilier le Béninois avec son identité. Les actes posés sont éloquents et les faits parlent d’eux-mêmes. La restitution progressive des œuvres d’art spoliées durant la colonisation, jadis méprisées mais aujourd’hui jalousement conservées par les musées occidentaux, symbolise cette reconquête mémorielle. À cela s’ajoutent la reconnaissance constitutionnelle de la chefferie traditionnelle, la rénovation de sites et lieux sacrés, la construction de musées modernes et la valorisation du patrimoine immatériel.

Autant d’initiatives qui traduisent la vision du président Patrice Talon et de son gouvernement : reconnecter le Bénin à ses racines pour bâtir un développement cohérent, durable et authentique. Cette dynamique trouve une illustration majeure dans la restructuration de la fête du Vodun, désormais célébrée sous l’appellation « Vodun Days », et enrichie par la consultation traditionnelle du Tofa, dont les révélations, année après année, continuent de se confirmer.

Au-delà de l’événementiel, c’est une véritable vision de reconquête culturelle qui se déploie. Une reconquête fondée sur l’appropriation des valeurs ancestrales et sur l’adhésion populaire à des manifestations officielles devenues des rendez-vous internationaux majeurs, attirant des visiteurs venus des quatre coins du monde, notamment d’Occident.

Cependant, le défi majeur demeure l’appropriation de ces valeurs par la jeunesse africaine. Le système éducatif national, et plus largement africain, doit être mobilisé afin d’inculquer dès le bas âge les vertus des cultures et traditions africaines. La question essentielle que doit se poser l’Africain est simple : pourquoi ces traditions, hier diabolisées par le colon, suscitent-elles aujourd’hui autant de passion et de curiosité chez ceux-là mêmes qui les avaient combattues ?

Il est donc impératif que les peuples africains s’interrogent, se regardent en face et engagent un véritable examen de conscience. Faute de quoi, leur patrimoine culturel et spirituel continuera de se dissoudre entre les doigts de ceux-là mêmes qui sont appelés à le préserver et à le magnifier.

En s’inscrivant résolument dans cette dynamique de reconquête identitaire, le Bénin adresse un message fort à l’humanité, et plus encore à l’Afrique. Un continent qui court le risque d’une acculturation profonde et suicidaire ne saurait espérer l’émergence. Aucune nation ne peut atteindre sa plénitude sans ses racines, et toute rivière qui renie sa source est condamnée à s’assécher.

Les peuples africains, et particulièrement les Béninois, sont ainsi appelés à une réappropriation spirituelle et traditionnelle, socle indispensable d’une Afrique prospère, souveraine et fidèle à son génie propre.



Jérôme Tagnon

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