mardi 18 août 2026

 MGF : les Réseaux des féministes du Bénin montent au front contre l’apologie de l’excision


Les Réseaux des féministes du Bénin haussent le ton face à la diffusion de contenus faisant l’apologie de l’excision. Dans une déclaration rendue publique après la découverte, lundi 17 août, de visuels portant notamment la mention « OUI À L’EXCISION », les militantes dénoncent une tentative de banalisation des mutilations génitales féminines (MGF) et réaffirment leur opposition ferme à ces pratiques.


Pour les Réseaux des féministes du Bénin, l’excision ne relève ni d’une simple opinion ni d’un débat de société. Elle constitue une violence portant atteinte à l’intégrité physique et aux droits des filles et des femmes. Ils s’inquiètent particulièrement de voir les outils numériques et les nouvelles technologies utilisés pour promouvoir ou normaliser des pratiques dont les conséquences peuvent être physiques, psychologiques et sexuelles.


Cette prise de position intervient alors que des femmes maliennes et guinéennes se mobilisent contre les MGF, avec des actions annoncées pour le 22 août. Les féministes béninoises expriment leur solidarité avec ces mobilisations et appellent à renforcer la lutte régionale contre toutes les formes de violences faites aux femmes et aux filles.


Au Bénin, rappellent-elles, les mutilations génitales féminines sont interdites par la loi n°2003-03 du 3 mars 2003 portant répression de la pratique des MGF. Le texte prévoit notamment des peines d’emprisonnement et des amendes à l’encontre des auteurs de ces actes.


Mais pour les Réseaux des féministes du Bénin, la réflexion doit également porter sur l’espace numérique. Ils interrogent la capacité du cadre juridique à répondre aux contenus qui encouragent, glorifient ou banalisent les mutilations génitales féminines, alors que les réseaux sociaux permettent une diffusion rapide de tels messages.


Les militantes appellent ainsi les organisations féministes, associations de défense des droits humains, activistes et citoyens à relayer les mobilisations du 22 août, à faire entendre une voix claire contre les MGF et à soutenir celles et ceux qui s’engagent pour la protection des femmes et des filles.


Leur position tient en une conviction : aucune tradition, croyance, appartenance culturelle ou interprétation religieuse ne devrait servir de prétexte à porter atteinte au corps d’une fille ou d’une femme.


Car derrière chaque chiffre, chaque campagne et chaque débat, il y a un corps, une dignité, une vie. Et lorsqu’il s’agit de protéger cette dignité, le silence ne peut plus être une option.


    M.H.

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