mardi 11 novembre 2025

Création d’un Sénat au Bénin : Théodore Holo replace le débat dans l’histoire de la Conférence nationale

 


L’annonce du projet de création d’un Sénat au Bénin continue de susciter des réactions dans la classe politique et au sein de l’opinion publique. Invité sur Eden TV, le professeur Théodore Holo, ancien président de la Cour constitutionnelle, a tenu à replacer cette idée dans son contexte historique, rappelant qu’elle remonte aux travaux de la Conférence nationale de février 1990.


Selon lui, l’avant-projet de Constitution issu de cette rencontre fondatrice prévoyait, en plus de l’Assemblée nationale, la mise en place d’un Conseil des anciens. Cette seconde chambre devait regrouper des représentants des chefs traditionnels, des départements, ainsi que des hauts fonctionnaires et des personnalités d’expérience issues de divers horizons. L’objectif, a précisé l’universitaire, était d’apporter une dimension de sagesse et de réflexion à la gouvernance du pays.


Cependant, cette proposition n’avait pas été retenue par les populations lors de la phase de vulgarisation du texte. « Ces propositions, notamment le Conseil des anciens et le Médiateur, ont été récusées par la majorité des citoyens, estimant qu’elles coûteraient trop cher à la République au regard de la situation économique du Bénin à l’époque », a expliqué Théodore Holo. Ce choix avait conduit à leur suppression dans la version finale de la Constitution adoptée par référendum en décembre 1990.


Malgré tout, le professeur rappelle que l’une des idées rejetées à l’époque, celle du Médiateur, a finalement vu le jour plus tard grâce à une loi spécifique. À ses yeux, cette évolution prouve que les institutions peuvent s’adapter au fil du temps et répondre à de nouveaux besoins.


Pour l’ancien président de la Cour constitutionnelle, le contexte actuel du Bénin n’est plus le même qu’en 1990. Le pays a connu des transformations économiques et institutionnelles majeures. Dès lors, « il n’est pas exclu que la situation amène à vouloir créer un conseil des sages ou un Sénat », a-t-il admis.


Théodore Holo invite toutefois à la prudence et à la réflexion avant toute décision. Il appelle à un examen approfondi du projet de loi, afin d’en mesurer les implications politiques, sociales et financières. « Il faut analyser sereinement le texte avant de se prononcer », a-t-il conclu, soulignant que la création d’une seconde chambre ne devrait se faire qu’en tenant compte des réalités et des priorités du Bénin d’aujourd’hui


La rédaction

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