La restauration de la fertilité des sols agricoles est au centre des priorités du Réseau coopératif des organisations professionnelles de maïs et de manioc (RC-OPMM) dans la commune d’Adja-Ouèrè. À travers le projet « Femme Hwénou », financé par le ministère de l’Environnement du Québec et soutenu techniquement par l’UPA-DI (Union des producteurs agricoles pour le développement international), l’organisation a lancé une série de formations sur la fabrication et l’utilisation du compost, un engrais organique obtenu à partir de résidus de récoltes et autres matières biodégradables.
Des producteurs majoritairement féminins
Dans les villages d’Igbo-Oro et d’Adjélémidé (arrondissement d’Ikpinlè) ainsi qu’à Oko-Akaré (Adja-Ouèrè), les producteurs – en majorité des femmes – apprennent les techniques de production et d’utilisation de cet « engrais vert ». Ces sessions, organisées depuis plus de deux ans dans le cadre du projet « Femme Hwénou », sont animées par une équipe technique composée de Vincent Ladékpo, Diane Adjibogoun et Fortuné Sèssou.
Selon Vincent Ladékpo, technicien agricole du projet, l’objectif est clair « Dans le contexte des changements climatiques, le compost apparaît comme une alternative idéale pour restaurer la fertilité de nos terres et améliorer la productivité agricole. Nous voulons doter les agriculteurs de connaissances pratiques qu’ils pourront aussi transmettre à d’autres. »
Un engagement pour la résilience climatique
Les bénéficiaires, conscients des enjeux, s’engagent à adopter le compost comme engrais de référence. « Nous avons vu les résultats chez ceux qui l’utilisent déjà. Avec la pauvreté de nos terres et les effets du climat, il nous faut des stratégies culturales durables. Le compost est la solution », témoignent des agricultrices formées à Igbo-Oro et Adjélémidé.
Fabriqué à partir d’eau, de cendre, d’épluchures de manioc, de fientes animales ou de volailles et d’autres résidus agricoles, le compost est produit en fosse ou hors fosse. Après environ trois mois de décomposition, il devient un amendement riche qui améliore à la fois la qualité et la quantité des récoltes tout en revitalisant les sols appauvris.
Un impact déjà visible
Pour Pascal Falanan, chef du village d’Igbo-Oro, et Éïcha Ogoudikpè, chef d’Adjélémidé, le projet « Femme Hwénou » a déjà des effets notables « Ces formations redynamisent la production agricole. Nous veillerons à ce que les connaissances acquises soient partagées avec ceux qui n’ont pas pu y participer », assurent-ils.
*Vers l’autonomisation des femmes et des jeunes*
Au-delà de l’amélioration des rendements, « Femme Hwénou » vise à renforcer l’autonomie économique des femmes et des jeunes dans l’agriculture, garantissant ainsi une relève compétente pour le secteur. De nouvelles sessions sont prévues dans d’autres localités, et les demandes de formation se multiplient, selon l’équipe technique.
Jérôme Tagnon

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