lundi 30 juin 2025

EDITORIAL: La dépigmentation : entre le mimétisme et le "clash culturel" africain.

Ah, la peau noire ! Ce trésor que l’on dit "d’ébène", "de cacao", "de nuit tombée sans lune", et que certains s’obstinent à vouloir transformer en... version tropicale de porcelaine ! Oui, mesdames et messieurs, bienvenue dans le monde sucré-acide de la dépigmentation, là où même votre mélanine ne dort plus tranquille !On croyait que le noir était beau. C’est écrit partout, même sur les t-shirts. Mais apparemment, dans les salles de bain, c’est une autre histoire. C’est à croire que nos éponges, elles, votent pour un blanchiment accéléré du continent.

Quand le miroir devient tribunal.

Le matin, devant le miroir, certaines personnes ne se contentent plus de dire "je suis belle" ou "Dieu m’a faite ainsi". Non ! Elles sont là à se parler : « Si Beyoncé est claire, pourquoi pas moi ? » « Et puis, tu veux rester noire comme ça et te faire appeler ‘charbon actif’ sur Facebook ? » Alors, hop ! Direction pharmacie… ou plus souvent "boutique derrière la station", où les pots n’ont ni étiquette, ni pitié. Elles veulent passer de "Koudoss" à "Lady Snow" en trois applications, trois coups de coton imbibé.

Mimétisme ou malentendu culturel ?

Certains diront que c’est le colonialisme intérieur. D’autres, que c’est la télé nigériane. Ou encore Instagram, qui nous vend des standards de beauté fondus dans le lait. Mais entre nous : qui a dit que la beauté venait avec la couleur d’un yaourt vanille ? Hein ? Qui ? Même Cléopâtre, qu’on cite toujours, ne s’éclaircissait pas à l'hydroquinone, que je sache ! Et pourtant, on continue à "décaper" la peau comme on décape une vieille casserole. Résultat : la couleur vire au jaune pâle, le cou reste noir, les coudes font grève, et les genoux protestent dans leur dialecte d’origine.

Culture africaine, tu as dit ?

Non, ce n’est pas culturel, disons-le. Ou alors, c’est une sous-culture cosmétique de l’urgence sociale. "Je veux être claire pour plaire", "Je veux être métissée sans papa portugais", "Je veux ressembler à une pub de savon"…

Et pendant ce temps, les vraies traditions africaines, celles où la peau noire brillait d’huile de karité et d’amour-propre, se font ridiculiser par des flacons aux noms douteux : White Secret, Crotone, Makari, Crème éclaircissante extra-rapide 7 jours chrono + bonus… (Oui, bonus : la lucidité s’en va avec la mélanine.)

La vraie lumière, c’est l’estime

Blaguer, c’est bien. Mais soyons sérieux deux secondes (pas plus, hein) : s’aimer, c’est gratuit et sans effets secondaires. On peut vouloir s’embellir, mais pas au point de disparaître. Et surtout, pas pour ressembler à une copie chimique d’un fantasme occidental.

Noire, claire, caramel, ébène, chocolat, peau de lune ou de soleil : tu es belle quand tu es toi. Pas quand tu essaies d’être l’autre.

Et comme disait mon oncle, teint noir charbon avec fierté : « Si Dieu voulait que je sois blanc, il m’aurait livré avec crème solaire. »

           Marcellin HOUNSA

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