samedi 13 juin 2026

𝐂𝐒𝐌𝐎/ 𝐂𝐨𝐧𝐬𝐭𝐢𝐭𝐮𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐞𝐭 𝐮𝐧𝐢𝐭é 𝐝𝐞 𝐥’é𝐠𝐥𝐢𝐬𝐞 : 𝐥𝐞 𝐯é𝐫𝐢𝐭𝐚𝐛𝐥𝐞 𝐜𝐨𝐦𝐛𝐚𝐭 𝐧’𝐞𝐬𝐭 𝐩𝐚𝐬 𝐜𝐞𝐥𝐮𝐢 𝐪𝐮𝐞 𝐥’𝐨𝐧 𝐜𝐫𝐨𝐢𝐭




Au lendemain de l’installation du Conseil Supérieur de Mise en Œuvre (CSMO), la Chapelle Internationale de Ketu a vibré au rythme de la conférence des chefs de diocèse et des chargés de la tendance Imeko. Une réunion de crise qui en dit long.

En réalité, depuis que le résumé simplifié de la Constitution circule, les voiles se déchirent. Nous découvrons enfin la substance des travaux du Comité Suivi et Transition (CST), censés avoir reçu l’aval du Collège Pastoral. Est-ce vraiment le cas ? Les Pasteurs Emmanuel Mobiyina Oshoffa et Benoit Bennett Adeogun s’étaient-ils réellement accordés avant que ces conclusions ne soient remises au médiateur, Son Excellence Patrice Talon ? Ou cela s'est-il fait au détriment de l'un d'eux ? Quoi qu'il en soit, le CSMO est désormais une réalité actée sur le terrain.

Pourtant, ces tractations de coulisses ne sont même pas le nœud de l'histoire. Un processus de réforme engagé doit avancer, et il y aura toujours des mécontents. Ce qui fatigue, c'est le spectacle désolant des postures : le camp nigérian crie au piège de Porto-Novo, tandis que le camp béninois refuse de céder aux réactions infantiles d’Imeko. Et je pèse mes mots : ce que fait Imeko relève de la gaminerie. Comme Tenter d'enrubanner des ambitions politiques dans une prétendue « vision spirituelle » ou un rêve prémonitoire, c'est la goutte d'eau qui a fait déborder le vase. On ne manipule pas la vie et la foi des fidèles avec des songes sur commande pour justifier des revendications de pouvoir. L’Église ne peut plus, et ne doit plus fonctionner ainsi.


« Ne croyez pas à tout esprit, mais éprouvez les esprits pour savoir s'ils sont de Dieu, car plusieurs faux prophètes sont venus dans le monde. » (1 Jean 4:1)


Venons-en aux faits : cette Constitution que l'on prétend « intouchable » et dont on dénonce la modification. C’est l’hôpital qui se fout de la charité ! Combien de fois ce texte a-t-il été révisé, trituré et adapté au fil des ans ? Le texte originel souffrait déjà d'incohérences, parfois introduites par le Pasteur Fondateur lui-même. Combien de fois une pratique édictée dans le « Livre Sacré » de l'Église a-t-elle été contredite par une vidéo ou un enregistrement d'Oshoffa lui-même ? Que les gardiens du temple crient au scandale si cela leur chante : Samuel Bileou Joseph Oshoffa était un être humain. Un élu de Dieu, certes, mais un homme, avec ses émotions, ses hésitations et ses erreurs potentielles. Cela n'enlève rien à sa stature de Fondateur de cette magnifique institution. Une constitution humaine n’est pas immuable ; elle s'adapte à son époque. Si la Bible elle-même a traversé des traductions et des variantes textuelles au fil des siècles, la Constitution de l’Église ne fera pas exception. En 2026, l'argument de l'inviolabilité textuelle est devenu bien trop léger.

Le véritable scandale est ailleurs. Il se cache dans cet article stipulant que « 𝗹𝗲𝘀 𝗺𝗲𝗺𝗯𝗿𝗲𝘀 𝗱𝗲 𝗹𝗮 𝗳𝗮𝗺𝗶𝗹𝗹𝗲 𝗱’𝗢𝘀𝗵𝗼𝗳𝗳𝗮 𝗱𝗲𝘃𝗿𝗼𝗻𝘁 𝗼𝗯𝗹𝗶𝗴𝗮𝘁𝗼𝗶𝗿𝗲𝗺𝗲𝗻𝘁 𝘀𝗶𝗲́𝗴𝗲𝗿 𝗮𝘂 𝗖𝗼𝗻𝘀𝗲𝗶𝗹 𝗣𝗮𝘀𝘁𝗼𝗿𝗮𝗹 𝗽𝗼𝘂𝗿 𝘂𝗻𝗲 𝗽𝗲́𝗿𝗶𝗼𝗱𝗲 𝗱𝗲 𝟯𝟬 𝗮𝗻𝘀. » Voilà le nœud gordien.

Le masque tombe : pendant que le Bénin revendique sa légitimité de terre natale de l'Église, les fils Oshoffa se proclament propriétaires exclusifs de l'héritage paternel. Pour eux, l’Église est un patrimoine familial, une monarchie ecclésiastique où tout doit graviter autour de leur nom. C'est précisément cette dérive du « l'Esprit a dit que » qui a fracturé et continue de consumer le Christianisme Céleste. Ceux qui, hier, prétendaient que l'Esprit Saint avait désigné le fils Oshoffa pour présider aux destinées de l'Église étaient bien loin d'imaginer la dérive dynastique actuelle. En transformant l'onction en héritage biologique, on oublie la parole de Jean-Baptiste :


« Et ne prétendez pas dire en vous-mêmes : Nous avons Abraham pour père ! Car je vous déclare que de ces pierres-ci Dieu peut susciter des enfants à Abraham. » (Matthieu 3:9)


Au lendemain de la création du CSMO, le réflexe d'Imeko a été de sonner le rassemblement autour d'EMF, comme si l'instauration d'un conseil de gestion signifiait la destitution du Pasteur Emmanuel. C’est à la fois pathétique et risible.

Nous avons tous rêvé, prié et espéré une unité totale de l'Église. Mais il faut se rendre à l'évidence : s’il faut avancer en se passant d'un camp sclérosé, faisons-le. Si le CSMO réussit l'exploit d'ordonner, de structurer et de moderniser les choses dans son propre camp, ce sera déjà une immense victoire que nous ne bouderons pas. Toute la gloire reviendra à Jésus-Christ. Pour une fois, nous voyons une volonté humaine lucide, un désir de management rigoureux. Cela ne signifie pas que le Saint-Esprit en est exclu, bien au contraire ! Dieu n'est pas un Dieu de désordre, mais de paix et de structure (1 Corinthiens 14:33). C'est rafraîchissant de voir des dirigeants chercher à avancer par le travail et l'organisation, plutôt que par des manipulations prophétiques.

À ceux qui répètent en boucle que « c’est Jésus lui-même qui descendra faire l’unité de son Église », je demande : qu’attendez-vous concrètement ? Ni Dieu ni Jésus ne descendront du ciel pour signer des accords de paix à votre place. L'unité ne sera pas un miracle passif ; elle sera le fruit de notre volonté humaine la plus profonde, de notre capacité à briser nos orgueils pour Sa seule gloire, et non pour celle d'un homme ou d'un clan.


Le Bénin et le Nigeria doivent comprendre qu'au final, l'unité de l'Église ne se fera ni autour d'un drapeau national, ni autour d'un patronyme, ni autour d'un siège papal. L'unité se fera autour du Christ, ou elle ne se fera pas.


« Il y a un seul corps et un seul Esprit, comme aussi vous avez été appelés à une seule espérance par votre vocation ; il y a un seul Seigneur, une seule foi, un seul baptême, un seul Dieu et Père de tous... » (Éphésiens 4:4-6)


CSMO (Conseil Supérieur de Mise en Œuvre)

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