mercredi 8 avril 2026

ENTRETIEN EXCLUSIF Kamarou Akanni Ayanbadji : « Le << gangan >> est un héritage que je me dois de porter au sommet ».

 


 Distingué meilleur percussionniste dans la catégorie “Relève” au Festival National d’Agbegbon et de Gangan (FESNAG), Kamarou Akanni Ayanbadji incarne la nouvelle génération d’artistes engagés dans la valorisation du patrimoine culturel yoruba. Dans cet entretien accordé au journal Opinion Plurielle, il revient sur son parcours, sa consécration et ses ambitions._ 


 Opinion Plurielle:


 Bonjour Monsieur, pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs ?



 Kamarou Akanni Ayanbadji:


Je me nomme Kamarou Akanni Ayanbadji. Je suis un jeune artiste percussionniste spécialisé dans le gangan, un instrument emblématique de la culture yoruba. Je suis issu d’une famille où cet art est une véritable tradition. Mon grand-père, mon père ainsi que mon oncle ont tous été des percussionnistes de renom. C’est donc naturellement que j’ai hérité de cette passion et de ce savoir-faire.

Vous venez d’être distingué par un prix.


 Pouvez-vous nous en dire davantage ?




Je viens d’être sacré meilleur percussionniste dans la catégorie Relève au Festival National d’Agbegbon et de Gangan (FESNAG). Cette catégorie met en lumière les talents émergents du rythme gangan au Bénin.

J’y ai représenté la commune de Sakété ainsi que le département du Plateau. Ce sacré n’est pas le fruit du hasard, mais celui de plusieurs années de travail, de discipline et de sacrifices.


Après avoir été désigné révélation du talking drum au FESNAG 2025, nous avons poursuivi nos efforts avec détermination, ce qui nous a permis de décrocher cette distinction en 2026.


Je dédie ce prix à toute la communauté yoruba du Bénin et du monde entier, car le gangan est profondément enraciné dans notre identité culturelle.


 Quels sont les facteurs clés de votre réussite ?



Plusieurs éléments ont contribué à cette consécration : Le travail acharné et la persévérance. Le respect des aînés et des maîtres du gangan

Le soutien indéfectible de nombreuses personnalités et communautés


Je tiens notamment à remercier le maire de Sakété, Alexis Oniyogou, ainsi que l’honorable Olga Akitobi, sans oublier toutes les filles et tous les fils yoruba à travers le monde.

Leur mobilisation nous a permis d’arriver en tête lors de la première phase du festival, notamment grâce aux votes en ligne. 


 Que représente pour vous le tam-tam gangan ?


Le gangan représente pour moi bien plus qu’un instrument : c’est un héritage familial et culturel.

Je suis issu de la lignée Moustapha, originaire de Kétou jusqu’à Ita-Malè. Dans cette famille, le gudu-gudu, tambour sacré du gangan, occupe une place centrale.

Mon grand-père, mon père (Moustapha Akanni) et mon oncle ont été mes principaux maîtres. Grâce à eux, j’ai appris non seulement la technique, mais aussi les valeurs et le respect liés à cet art.




 Quelles sont vos perspectives pour la suite ?



Mes ambitions s’articulent autour de plusieurs axes :

D’abord, contribuer à redorer l’image des artistes percussionnistes, en appelant mes pairs à plus de professionnalisme et de discipline. Ensuite, continuer à apprendre auprès des aînés afin de perfectionner mon art et porter le gangan au plus haut niveau.

Enfin, œuvrer à la reconnaissance internationale de cette culture, notamment à travers son inscription au patrimoine de l’UNESCO.



 Un mot pour conclure ?



Je voudrais remercier sincèrement tous ceux qui m’ont soutenu, de près ou de loin.

J’exprime également ma profonde gratitude à mon manager, Landry Adagbé, pour son engagement constant à mes côtés. 


J’invite enfin tous les artistes, en particulier ceux de la communauté yoruba, à s’unir pour promouvoir et valoriser notre riche patrimoine culturel à travers le monde.


Entretien exclusif réalisé par Ernest LATOUNDJI.

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