dimanche 22 février 2026

Kétou : la maire sortante dresse le bilan de 23 ans d’engagement communal et passe le témoin dans l’émotion

 



 La cérémonie de passation de service marquant l’installation de la cinquième mandature du Conseil communal de Kétou s’est déroulée ce jeudi, sous la supervision du préfet du département du Plateau. Dans une allocution dense, empreinte de foi et de mémoire, la maire sortante a refermé un chapitre de vingt-trois années d’engagement au service de la cité, tout en traçant les perspectives d’avenir pour la commune.



 Une trajectoire entamée aux côtés de Michel ADEGNIKA.



De 2003 à 2026, l’ancienne édile aura traversé les grandes étapes de la décentralisation béninoise. Elle a rappelé avoir fait ses premiers pas dans la gestion communale aux côtés de feu Michel ADEGNIKA, présenté comme « un homme de développement ». Elle évoque notamment cette déclaration restée célèbre : « Vous m’avez élu, je ne vous connais plus », une profession de foi traduisant l’engagement à gouverner sans favoritisme, pour le seul intérêt général.

Le destin aura voulu qu’en 2026, elle transmette la charge municipale à la fille de son mentor d’alors, bouclant ainsi une boucle symbolique de l’histoire politique locale. Entre-temps, les aléas n’auront pas manqué : le décès prématuré de Michel ADEGNIKA, puis la démission d’Augustin IGUÉ, avant que la responsabilité ne s’impose à elle « comme un agneau entrant malgré lui dans les griffes du lion », selon ses propres mots.



 Une gouvernance marquée par la continuité.


Dans son discours, la maire sortante a également rendu hommage aux figures qui ont façonné la trajectoire communale : le Colonel-Docteur Osséni SALAMI, salué pour les infrastructures et les procédures structurantes laissées en héritage, et feu Jean-Pierre BABATOUNDE, dont l’engagement passionné pour Kétou reste gravé dans les mémoires.

Elle n’a pas manqué d’évoquer le rôle du maire Théophile Dessa, qui conduisit la commune jusqu’en 2020, avant son propre retour aux commandes cette même année.



 De profondes mutations depuis 2003.




Au moment des premières heures de la décentralisation, la commune de Kétou faisait face à d’importantes carences : infrastructures administratives embryonnaires, accès limité à l’eau potable, à la santé, à l’éducation et à la voirie, économie locale peu structurée.

Vingt-trois ans plus tard, le tableau présente des avancées notables. La mandature qui s’achève aura notamment permis :

la construction ou la réfection de 31 modules de salles de classe dans les écoles primaires publiques ;

la réalisation de 6 modules dans les écoles maternelles ;

la réhabilitation de 5 bâtiments administratifs d’arrondissement ;

la construction ou la réhabilitation de 6 formations sanitaires et l’acquisition de 25 matelas pour les centres de santé ;

l’installation de 203 lampadaires photovoltaïques ;

l’élaboration d’outils de planification stratégique (SDAC, PCC, PDC 4e génération, PDU en cours) ;

l’aménagement de plusieurs pistes rurales.

Des performances qui avaient déjà valu à Kétou, entre 2005 et 2008, d’être classée première commune en matière de bonne gouvernance parmi les quatorze communes de l’Ouémé-Plateau.


 Des projets structurants en attente.


Si le bilan est jugé encourageant, plusieurs chantiers majeurs restent en perspective :

la construction d’un hôpital de 120 lits et la réhabilitation du centre de santé communal ;

la réalisation d’un marché moderne ;

la construction d’un lycée agricole ;

le projet Dogo-Bis, estimé à près de 300 milliards FCFA ;

un projet intégré de renforcement de la résilience climatique (750 millions FCFA) ;

un programme de transformation socio-économique durable des territoires (5 milliards FCFA) ;

des négociations avec l’AIMF pour la construction d’un centre de nutrition. Autant d’initiatives qui constituent, selon elle, le socle de la prochaine mandature.


 Un appel à la responsabilité collective. 




Dans un ton à la fois solennel et fraternel, la maire sortante a exhorté les conseillers communaux à mesurer l’ampleur de leur responsabilité : mobilisation accrue des ressources propres, dynamisation des commissions, reddition de comptes et proximité avec les citoyens devront guider l’action publique. À l’endroit de la nouvelle maire, elle a exprimé sa disponibilité totale pour un accompagnement, tout en l’invitant à s’entourer de conseillers avisés afin de répondre aux attentes des populations. « Nous ne sommes que des instruments entre les mains de Dieu », a-t-elle rappelé, inscrivant son engagement dans une vision profondément spirituelle du service public.


Au terme de cette cérémonie, c’est une page de l’histoire politique de Kétou qui se tourne. Entre mémoire, bilan et espérance, la commune s’apprête à écrire un nouveau chapitre, dans la continuité d’un héritage patiemment bâti depuis 2003.



E. L.

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