mardi 3 février 2026

ÉDITORIAL Éducation : le châtiment corporel, une violence banalisée à déconstruire. Par Folorouncho LATOUNDJI.


Longtemps toléré, parfois même justifié au nom de la tradition ou de l’autorité, le châtiment corporel demeure une réalité préoccupante dans nos familles et nos écoles. Il consiste en l’usage délibéré de la violence physique (coups de chicotte, fessées, gifles ou tout autre geste brutal) pour punir un enfant ou un élève jugé fautif. Derrière cette pratique, se cache une conception erronée de l’éducation, où la peur se substitue à la compréhension et la contrainte à l’apprentissage.

Les partisans du châtiment corporel avancent souvent l’argument de l’efficacité : « un enfant corrigé par la chicotte retiendrait mieux la leçon ». Cette croyance, profondément ancrée dans certains milieux éducatifs et familiaux, résulte moins de preuves pédagogiques que d’un héritage culturel transmis de génération en génération. Pourtant, l’autorité véritable ne se mesure ni à la force du bras ni à la brutalité du geste, mais à la capacité de guider et d’influencer positivement.


Les conséquences du châtiment corporel sont lourdes et durables. Sur le plan psychologique, il installe la peur, l’anxiété et une perte progressive de confiance en soi chez l’enfant. Sur le plan comportemental, il peut engendrer agressivité, rébellion ou désobéissance chronique, transformant l’enfant en adulte méfiant ou violent. À cela s’ajoutent les atteintes à la santé physique et à l’intégrité morale, ainsi qu’une dégradation profonde de la relation entre l’enfant et l’adulte censé le protéger. Face à ce constat, des alternatives existent et ont largement fait leurs preuves. Le dialogue et l’explication permettent à l’enfant de comprendre ses erreurs et d’en mesurer les conséquences. Des règles claires, cohérentes et adaptées à l’âge de l'enfant, favorisent un cadre sécurisant.


 L’encouragement des comportements positifs par la valorisation et la récompense renforce l’estime de soi chez le petit enfant, tandis que des sanctions non violentes, proportionnées et éducatives contribuent à une discipline constructive. Il est donc temps de rompre avec la violence éducative. Le châtiment corporel n’éduque pas : il soumet. L’éducation véritable vise à former des citoyens responsables, équilibrés et confiants, dans le respect absolu de l’intégrité physique et morale de l’enfant. Miser sur des méthodes non violentes, c’est investir dans un développement harmonieux et dans une réussite scolaire durable. C’est, en définitive, choisir l’humanité plutôt que la peur.

Partager cet article :

Partager sur Facebook Partager sur WhatsApp Partager sur Twitter Partager sur Telegram

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

💬 Laissez un commentaire
Votre avis compte pour nous !
Partagez vos idées, vos réactions ou vos suggestions concernant cet article. L'équipe Opinion Plurielle lit chaque message avec attention.

Dogbo-Ayomi : 770 litres de sodabi toxique saisis, l’alerte sanitaire est lancée

  La commune de Dogbo dans le département du Couffo au Sud du Bénin vient d’être le théâtre d’une importante opération de sécurité sanitaire...